Les rois qui ont marqué le royaume d’Ayutthaya
Le royaume d’Ayutthaya, fondé en 1350 par le roi Ramathibodi Ier, demeura pendant plus de quatre siècles sous l’autorité de cinq dynasties : U-Thong, Suphannaphum, Prasat Thong, Ban Phlu Luang et Sukhothaï-Ayutthaya. Ses souverains, à la fois détenteurs d’une autorité sacrée et d’un pouvoir militaire, façonnèrent un État centralisé qui prospéra grâce à la diplomatie et au commerce maritime. Des rois tels que Trailok, Naresuan le Grand et Narai le Grand étendirent le territoire et renforcèrent les liens avec la Perse, la Chine, le Japon et la France. La chute d’Ayutthaya face à la Birmanie en 1767 mit fin à cet âge d’or, mais son héritage royal jeta les bases de l’identité et de la monarchie siamoises modernes.
L’histoire commence avec le roi Ramathibodi Ier (U-Thong ; règne 1351–1369), fondateur d’Ayutthaya en 1350. Il unifia les plaines centrales, codifia les lois du Dhammasattha et fit du bouddhisme theravāda le fondement spirituel du royaume. Sa vision posa les bases administratives et morales pour les monarques à venir. Sous ses successeurs, Ayutthaya s’étendit pour devenir un empire à la fois maritime et agraire.
Au XVe siècle, le roi Borom Trailokanat (règne 1448–1463) redéfinit la structure du gouvernement. Il institua la hiérarchie du sakdina, sépara les pouvoirs civils et militaires, et renforça les liens entre la couronne et le Sangha (ordre monastique). Son règne apporta un ordre institutionnel durable et rehaussa le prestige d’Ayutthaya dans toute la région.
Le XVIe siècle vit l’ascension du roi Naresuan le Grand (règne 1590–1605), monarque guerrier qui libéra le Siam de la domination birmane. Son duel légendaire à dos d’éléphant contre le prince héritier birman en 1593 devint un symbole national de courage et d’indépendance. Naresuan réorganisa l’armée, sécurisa les frontières et fit d’Ayutthaya une puissance respectée par les royaumes voisins.
Au début du XVIIe siècle, le roi Ekathotsarot (règne 1605–1611), frère de Naresuan, poursuivit les relations diplomatiques avec l’Europe et le Japon, ouvrant la voie à l’apogée cosmopolite d’Ayutthaya. Celle-ci culmina sous le règne du roi Narai le Grand (règne 1656–1688), l’un des souverains les plus éclairés du royaume. Son règne fut marqué par un essor du commerce, un grand mécénat architectural et une diplomatie raffinée. Il accueillit des envoyés de France, de Perse, du Japon et de Chine, et dépêcha des ambassadeurs siamois à la cour de Louis XIV à Versailles. La capitale devint alors un centre de science, d’art et d’échanges culturels, symbole de l’ouverture et du rayonnement mondial d’Ayutthaya.
Mais la grandeur fut mise à l’épreuve par la tragédie. La chute d’Ayutthaya en 1767, après des décennies de discordes internes et de nouvelles invasions birmanes, mit un terme à une ère de splendeur royale. Pourtant, l’héritage de ses rois — bâtisseurs, réformateurs, guerriers et visionnaires — demeure vivant dans les temples, les palais et les lois qui ont façonné la Thaïlande moderne.

